L’humoriste Dieudonné a une nouvelle fois dérapé sur scène. Ce vendredi 26 décembre 2008 devant 5 000 spectateurs du Zénith, il a remis un prix de « l’infréquentabilité et de l’insolence » à Robert Faurisson. Dieudonné déclenche une ovation en l’honneur de Faurisson accueilli sur scène par une accolade. Le prix été remis à l’historien, condamné pour ses thèses niant la Shoah, par une personne déguisée en déporté juif (avec l’étoile jaune sur la poitrine). Il n’en fallait donc pas moins pour entendre les associations SOS Racisme, Licra et la Ligue des Droits de l’Homme qui ont même fait interdire l’humoriste dans des villes comme Lyon.
Pour rappel, Robert Faurisson avait été condamné pour avoir affirmé que « les prétendues chambres à gaz hitlériennes et le prétendu génocide des Juifs forment un seul et même mensonge historique ». Pas « un détail de l’histoire » comme le disait Le Pen, mais un négationnisme insolent qui va à l’encontre de notre Histoire.
Qu’en penser, Dieudonné tape encore dans un sujet sensible et les réactions laissent à penser qu’il ne faut pas aborder ces questions du passé. Des sujets, certes à polémique, sur lesquels on devrait avoir le droit de s’exprimer librement, mais peut-être pas avec la combinaison : scène + milliers de spectateurs + Robert Faurisson + Jean-Marie Le Pen dans le public.


Meilleur angle de vue de la scène mais moindre qualité audio :

8 Commentaires

  1. Ah la France: pays de l’extrême anti-extrémisme.
    Il touche aux problème juif il passe pour un mouton noir (ha ha noir au moins on peut faire de l’humour sur eux).
    Traumatisé par ces retours démesurés il redouble d’efforts pour affirmer son point de vue.
    Maintenant on le traite de "nouveau leader du Front national", lui…
    Une chose est sure: La vérité est ailleurs.

  2. "Des sujets, certes à polémique, sur lesquels on devrait avoir le droit de s’exprimer librement"

    Ce n’est pas ce que dit la loi, l’expression publique des discours négationnistes étant sanctionnée (de même que l’incitation à la haine, etc.).

  3. Article 19 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme :

    « Tout individu a droit à la liberté d’opinion et d’expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d’expression que ce soit. »

    Jurisprudence (Cour Européenne des Droits de l’Homme):

    « La liberté d’expression vaut non seulement pour les « informations » ou « idées » accueillies avec faveur ou considérées comme inoffensives ou indifférentes, mais aussi pour celles qui heurtent, choquent ou inquiètent : ainsi le veulent le pluralisme, la tolérance et l’esprit d’ouverture sans lesquels, il n’est pas de « société démocratique ». »

  4. Un exemple serait l’histoire des caricatures de Mahomet.
    Certains approuvaient, d’autres pas du tout, la loi autorisait pourtant la diffusion de ces dessins.

    Plutôt que de peut-être choquer quelques communautés, certains préfèrent s’autocensurer.
    On va à l’encontre des libertés individuelles d’expression comme citées par Senbeï.

  5. Et la vient la question:
    "mais ou voulez-vous en venir les gars?"

    La liberté est une utopie par définition dans ce monde de concurrence/responsabilité.

    Quant aux 2 autres valeurs françaises, se ne serait "troller" ce sujet que de les aborder.

  6. En droit français, la liberté d’expression (comme toute liberté …) a des limites définies, passibles de sanction si elles sont dépassées. Le législateur a donc estimé que les injures, les propos diffamatoires ou racistes / discriminatoires, d’incitation à la haine, tout comme pour la contestation de crime contre l’humanité sont répréhensibles.

    Les caricatures évoquées ne rentrent pas dans ce cas car elles ont été considérées par la justice comme relevant de l’humour et non de l’incitation à la haine.

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