Un étudiant franco-russe de 21 ans a été condamné hier à deux mois de prison avec sursis par le tribunal correctionnel de Pau pour une infraction très hi-tech : une tentative d’extorsion de fonds par Internet au préjudice d’une association au sein de laquelle il avait effectué son stage de fin d’études.

Au terme de sa troisième année à l’Exia Cesi, une école d’informatique, le jeune homme avait travaillé pour sa future victime, Béarn Online, à Lons, en juin et juillet derniers. La structure est spécialisée dans l’aide à la réalisation de sites web.

« Il était souvent absent et il est parti sans dire au revoir », se souvient Thierry Laborde, le président de l’association.

Un mois plus tard, Thierry Laborde reçoit un email inquiétant d’un certain « Igor Berezovski », qui prétend avoir « récupéré le nom de domaine » du site vitrine de Béarn Online, arkopolis.com. Et le mystérieux corbeau numérique de proférer des menaces : si l’association ne lui verse pas 1 000 euros, il redirigera toutes les connexions sur arkopolis.com vers des contenus pornographiques. Pas franchement une bonne publicité quand on opère dans la création, le webmarketing et le référencement.

Sauf qu’au lieu de payer, Thierry Laborde est allé porter plainte. Avec une petite idée en tête sur l’identité réelle de « Berezovski » : « Les dates, plus le nom à consonance russe et le fait que notre stagiaire était l’un des seuls à disposer des codes pour changer le titulaire du nom de domaine, ça faisait beaucoup ».

Adresse « en construction »

Restait aux gendarmes à remonter la piste du cybercorbeau dans les méandres de la toile. « S’il avait fait cela depuis la Russie, on aurait davantage de mal à le retrouver. C’est fou que quelqu’un qui se destine à être ingénieur en informatique puisse penser qu’il ne se fera pas prendre », s’étonne Thierry Laborde.

Hier, le jeune homme, défendu par Me Valérie Legrand, devait répondre de deux délits : modification frauduleuse de données et tentative d’extorsion. Il a été relaxé pour le premier et condamné à deux mois de prison avec sursis pour le second. Le parquet avait requis trois mois avec sursis.

Quand à l’association, qui réclamait 4 000 euros pour ses préjudices moral et économique, elle en obtient finalement 1 000. Reste une chose : « Nous n’avons toujours pas récupéré arkopolis.com », se désole Thierry Laborde.

De fait, l’adresse renvoie vers un site « en construction ». « Il est le seul à pouvoir nous le rendre », poursuit le président de Béarn Online.

En attendant, la vitrine de l’association est visible à l’adresse www.arkopolis.fr. Sans contenu pornographique, c’est promis.

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